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Le « Gnibili lekoui » une mode vestimentaire 100% écolo au cœur d’une Afrique Bio

Saxum Willy | | Mode

Anderson Kouamé, jeune Dida de Lakota sous-préfecture de Gobéri a appris son métier depuis 2011 lors d’un séjour dans sa région à Yocoboué. L’art du pagne Dida est sa passion.

Afin de promouvoir cet art vestimentaire du terroir, de jeunes pousses se rapprochent des populations. Hormis les nombreux ateliers de confection à l’intérieur du pays, dans la région du Lôh-djiboua, Green africa s’est rapprochée de la mégapole Abidjan. Anderson et ses amis entendent révolutionner la mode. Ce rêve est aussi le cheval de bataille de Kolo Rachelle avec la team Tenues Traditionnelle Ivoirenne.

Un réseau pour promouvoir la mode africaine, avec des tisserands, des teinturiers et des stylistes sur place. Le matériel utilisé pour la confection du « Gnibili lekoui » est essentiellement d’origine végétale, ce sont des fibres de Raphia, une plante de la famille des Arecaceae. Elle est aussi prisée pour son « Bandji », une boisson locale.

L’appellation « Gniblili lekoui », traduite en français, donne « pagne raphia ». Dans plusieurs cérémonies traditionnelles et citadines, entre autres, dots et mariages modernes,  cette tenue de « réjouissance » et de « fraternité », enjolive les populations. C’est une identité culturelle du peuple Dida, valorisée par ailleurs par le Djaka Festival ; une rencontre internationale pour la promotion des civilisations du pays.

Anderson reconnaît que ce festival est « la meilleure chose qui pouvait arriver au peuple Dida-Godié. Cet espace d’échanges culturels perdure depuis plus d’une décennie grâce à la détermination de ses promoteurs, le Comité International Djaka Festival (CIDF). Une contribution des uns et des autres à la valorisation du patrimoine culturel ivoirien dans un élan de solidarité interculturelle.

Avant-gardistes

La diversité culturelle en Afrique et singulièrement en Côte d’Ivoire est une richesse inestimable. Depuis des lustres, les peuples ont bâti leurs civilisations sur la base d’un développement durable, avant l’arrivée de la machine industrielle occidentale.

Dans la plupart des régions de ce pays, qui regroupe plus d’une soixantaine de langues, l’on découvre une mode vestimentaire atypique, exploitée à minima faute d’un passé dont les emprunts prédominent les mœurs et s’expriment en ce moment avec le commerce de fripes. Aussi les us vestimentaires sont-ils encore pratiqués sous une technicité bio-motrice mais archaïque, avec une créativité qui bat de l’aile pour s’universaliser à partir du continent.

Les régions du pays refusent des talents à la pointe de la mode écologique.  Les Sénoufo, dans le nord, ont développé et perpétré une production depuis des générations ; le pagne des guerriers. Ce tissu fait entièrement de coton est travaillé à la main. Les imprimés-animaux totémiques aux pouvoirs protectionnistes- sont apposés avec de l’encre extrait de plantes.

A l’instar de leurs collègues nordistes, les artisans de l’ouest utilisent essentiellement du coton pour tisser des pagnes et boubou ethniques. Ceux du centre travaillent aussi les mêmes matières pour mettre sur le marché des « Kita » – empruntés aux Ashanti du Ghana – et des « pagnes Baoulé » de différentes variétés.

Au Centre-ouest, la grande révolution reste sans doute le pagne Dida, d’une beauté tout aussi remarquable.

Au niveau de l’Afrique de l’Ouest, en plus du Ghana, les pays voisins ne sont pas en reste avec le « Danfani » du  Burkina Faso ou le « Bogolan » du Mali. Ces trésors font de l’Afrique un espace de créateur de mode éco citoyenne, malgré les grandes firmes occidentales et chinoises qui copient cette mode « N’zassa » et la vulgarisent au détriment des producteurs locaux.

 

Saxum