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DOSSIER: COMPRENDRE LA PRESSE EN COTE D’IVOIRE : DES ORIGINES A NOS JOURS.

Pascald DJADOU | | Média

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Cet article retrace l’histoire de la presse en Côte d’ivoire et son mode fonctionnement.

 

Introduction : la presse, des origines à nos jours

La presse en Côte d’Ivoire sous la colonisation: 1906-1960

De 1910 à 1960, environ trente-sept (37) journaux sont parus. La plupart ont eu une existence très éphémère ou subi de nombreux avatars. La presse ivoirienne de cette époque était une presse d’opinion, une presse de combat à faible tirage (500 à 3500 exemplaires au maximum) initiée par les blancs.

La presse des Blancs

La presse en Côte d’Ivoire fut d’abord celle des Blancs. C’est en 1906 que fut publié le premier bimensuel d’informations, à Grand-Bassam. Il s’agit de la Côte d’Ivoire, créé par Charles Ostench et Clément. Ces deux journalistes étaient présents, le Il septembre 1910, à l’inauguration du Viaduc, sur le N’zi, et de la gare de Dimbokro. Jusqu’en 1935, la presse fut entièrement réalisée par des Blancs. Ce n’est qu’en mai 1935, que paraît le premier journal créé et rédigé par des Ivoiriens: ce journal (L’Eclaireur de Côte d’Ivoire) et un autre qui lui succédera n’auront qu’une existence éphémère. Il faudra attendre 1946 pour que d’autres essais soient tentés. La presse réalisée par et pour les colons français peut, assez arbitrairement sans doute, être classée entre presse d’informations et presse d’opinion. La presse d’opinion défendait surtout les intérêts des colons. Leur attitude vis-à-vis des indigènes était plus ou moins favorable. Aucun cependant ne contestait les’ ‘bienfaits de la colonisation » et ne pouvait être taxé d’anticolonialiste. En 1913, Julien Vizioz, vice-président de la chambre de commerce, fonde L’Indépendant, de la Côte d’Ivoire.Parmi les colonialistes « modérés », qui prennent parfois la défense des intérêts des planteurs autochtones, citons tout d’abord Charles Modeste qui fonde en 1922 Le Progrès Colonial. En 1936, Maître A. Brulfert soutient la cause des Africains lors de l’élection au Conseil Supérieur des Colonies. Dans le même temps, d’autres colons ne défendent que leurs intérêts propres sans se soucier de ceux des Ivoiriens. Jean Rose mène la lutte de 1931 à la guerre de 1940. En janvier 1931, il lance le Bulletin mensuel du Groupement Agricole de la Basse Côte d’Ivoire qui défend les intérêts des colons et donne des informations commerciales. Puis en 1932, il publie L’Avenir de la Côte d’Ivoire qui, défend le petit et moyen commerce et veut l’autonomie financière de la Côte d’Ivoire. Ce journal est interrompu en 1937. Deux ans plus tard, Jean Rose lance Le Cri du planteur pour la défense des intérêts agricoles de la Côte d’Ivoire. En’ 1932, Roger Rappet créeLe Trait d’Union destiné à faire l’union de tous les intérêts coloniaux.

A côté de cette presse d’opinion, une presse d’information essaie de naître. En octobre 1932, Louis Rouillon publie France Afrique. Ce journal disparaît en 1935. Le 12 juillet 1940, le gouvernement local publie La Côte d’Ivoire française pour informer les populations des évènements qui vont suivre l’armistice. En 1944, ce journal devient La Côte-d’Ivoire française libre. Il est supprimé par arrêté le 09 avril 1946 et remplacé par Feuille d’Avis qui dure jusqu’au 12 mars 1949. Parallèlement, le commandant Ply publie à, partir de juillet 1946 le Bulletin de la Côte-d’Ivoirequi devient bihebdomadaire en 1949 et prend le nom de La Côte-d’Ivoire. Il disparaît en 1951. En 1949 Ch. De Breteuil publie un nouveau France-Afrique qui n’a aucun lien avec celui de L. Rouillon paru en 1932. D’abord bihebdomadaire puis trihebdomadaire, il devient quotidien sous le nom d’Abidjan Matin. Ce journal est donc le premier quotidien de Côte d’Ivoire. Il vit jusqu’à la naissance de Fraternité Matin en décembre 1964. Il donne une large place aux informations souvent recopiées directement de France-Soir.

Lancé par la chaîne de Charles De Breteuil, qui édite Dakar Matin et La Presse du Cameroun, il connaît un succès certain et atteint un tirage de 9000 exemplaires en 1958.

Pour terminer ce tableau sur la presse écrite par les Blancs, signalons deux journaux parus en 1936 lors de la campagne électorale: Notre Voix et L’Acajou. Notre Voix, fondé par Paul Pons, planteur à Eloka, était l’organe du parti socialiste (S.F.I.O.) en Côte d’Ivoire. Il soutenait la politique du Front Populaire et la candidature de Georges Nouelle pour la désignation du Délégué de Côte d’Ivoire au Conseil Supérieur des Colonies. L’Acajou, géré par Joseph Ferras, soutenait quant à lui la candidature d’Alcide Delmont. Qu’en était-­il de la presse animée par les indigènes?

 

La presse des indigènes

Elle fut essentiellement une presse d’opinion et de combat. Le premier journal date dé mai 1935. C’est l’Eclaireur de la Côte d’Ivoire. Fondé par Kouamé Binzème et G.J. Vilasco, il veut éclairer l’opinion et défendre les intérêts généraux du pays. Il connaît un très grand succès car il combat les abus des chefs, réclame le développement des œuvres sociales, défend les planteurs africains. Mais après le départ de Binzème pour la France, le journal cesse de paraître dès octobre 1935. Un Sénégalais, Hamed Sow Télémaque, lance une nouvelle feuille en janvier 1936 sous le nom de L’Impérial de la Côte d’Ivoire. Il lance une souscription en vue de doter le pays d’une presse africaine indépendante, mais il est contraint de rentrer au Sénégal devant l’opposition du régime colonial et la crainte des Ivoiriens.

Après cet essai, il a fallu attendre 1946, dix ans plus tard, pour que de nouveaux journaux soient publiés. Ce furent entre autres Afriea, créé par Sene Nasséné, qui est saisi dès sa première parution.

En guise de protestation, son promoteur publie une Lettre ouverte aux Administrateurs qui dénonce les abus du système colonial. Le 17 janvier 1946, Kouamé Binzéme, qui avait lancé dix ans plutôt l’Eclaireur de Côte-d’Ivoire, publie Pachibo. Ce journal avait pour rédacteur en chef Cyprien Brou QUAHO. Il était imprimé sur les presses du Progrès Colonial à Bassam. Mais des difficultés techniques sont vite apparues. Le Parti Progressiste de Côte d’Ivoire qui soutenait Binzème décidera de l’achat d’une imprimerie. Celle-ci sera installée en décembre 1949 ; c’est l’imprimerie africaine de Côte d’Ivoire.

La presse écrite par les Ivoiriens devient très vite une presse de parti, créée davantage pour que les intellectuels y expriment leurs opinions anticolonialistes que pour endoctriner les militants, illettrés pour la plupart. Quatre organes de presse anti – P.D.C.I. paraissent alors. Ce sont outre Pachibo (organe officiel du « Parti Progressiste de Côte d’Ivoire » – P.P.C.I. qui devient Le Progressiste, La Vérité paru en 1949, mais qui n’aura qu’un numéro, L’Opinion créé par un Libanais, puis Attoumgblan publié par le professeur Boni. Ce dernier organe fut souvent saisi en raison de sa virulence. Le P.D.C.I. ne semblait pas se défendre très vigoureusement au début. Le Réveil, organe fédéral du R.D.A., paraissait suffire à sa défense. Il fut cependant complété parLe Démocrate qui a commencé à paraître à partir de février 1948. Il était dirigé par Ouezzin Coulibaly et rédigé par Bocum, Bernard Dadié, Mathieu Ekra et Koffi Gadeau ; il n’était cependant pas le porte-parole du P.D.C.I., qui s’en méfiait.

En 1956, La Concorde, éditée par Du Prey, recevait des articles de Ouezzin Coulibaly, Jacques Aka, Jean Delafosse, Philippe Yacé,

Mamadou Coulibaly, qui soutenaient  le P.D.C.I. pour les élections de 1957. Celles-ci passées, l’organe disparaît. Mais en janvier, 1959, lors du congrès du P.D.C.I., il est décidé de la création d’un véritable organe de presse du parti: Fraternité.

Le premier numéro de Fraternité paraît le 24 avril 1959. Jean-Baptiste Mockey en est le directeur et Joachim Bony le rédacteur en chef. Mais dès novembre 1959, la direction politique de ce journal est confiée à Philippe Yacé, Secrétaire Général du P.D.C.I.-R.D.A. En 1960, Pierre Cheynier en devient le nouveau rédacteur en chef.

Il faut noter que la presse ivoirienne fut essentiellement une presse écrite avant 1960. La radio ne fit que tardivement son apparition en 1954, soit six ans seulement avant l’indépendance. ‘‘Radio-Abidjan » fut d’abord une station pirate.

 

Le long règne des médias d’Etat après l’indépendance: 1960-1990

Florissant à l’époque coloniale, avec la multiplication des titres, le paysage de la presse ivoirienne va se réduire aux seuls médias d’Etat, dès l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance le 07 août 1960. Cette nouvelle donne cadrait sans doute avec l’unicité des partis politiques, sous la bannière du P.D.C.I.-R.D.A., obtenue quelques mois avant l’indépendance du pays.

 

–      Un rôle d’accompagnement

La principale mission assignée aux médias d’Etat, au lendemain de l’indépendance, fut d’accompagner le développement du pays en servant de relais au mot d’ordre du gouvernement et du parti au pouvoir, le P.D.C.I.

En décembre 1976, à l’occasion d’un séminaire sur l’information, Mathieu EKra, alors Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, a donné comme suit son opinion sur le rôle des médias:

«Les moyens modernes de l’information sont, pour l’essentiel, des organes de l’Etat ivoirien et leurs servants sont des militants du PDCI. Ce métier n’est pas un métier d’artiste où l’on puisse tolérer des cabotins. Il y faut des militants, prêts à prendre leur part de sacrifices personnels à la construction nationale …

Votre rôle est de faire comprendre le pourquoi et le comment des facteurs de vie qui conditionnent le développement et non de vendre du papier en excitant des curiosités malsaines, des instincts contenus, des sentiments morbides. ».                                                                                                                              .            .

En clair, dans ces médias d’Etat il n’y a point de place pour porter la contradiction aux actions entreprises par le gouvernement et le parti au pouvoir.

 

–      La presse ivoirienne au lendemain de l’indépendance

–      Abidjan matin créé en janvier 1956, dont le tirage passe de 7000, cette année-là, à 9000 exemplaires en 1958.

–      Fraternité Matin qui remplace Abidjan matin qui le 09 décembre 1964 et tire alors à 12000 exemplaires.

–      Fraternité dont le premier numéro a paru le 24 avril 1959. il était l’organe d’information du P.D.C.I.-R.D.A. Fraternité et Fraternité Matin vont constituer les deux principaux organes de presse de la Côte d’Ivoire de cette époque.

–      Fraternité Hebdo remplace Fraternité en 1969, dix ans après sa création. Il passe à 16 pages au lieu de douze pour Fraternité.

 

Le 02 juin 1961, la création de l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP) assure une information régulière à ces organes.

Cette agence publiera un bulletin quotidien qui est une sorte de journal du soir: «AIP Information », dont la diffusion est volontairement très limitée.

–      Eburnéa, mensuel lancé en mars 1967. il est créé par l’AIP en vue de suppléer à l’absence d’un magazine ivoirien. Il se voulait un organe de réflexion et d’analyses liées à l’actualité.

–      Ivoire Dimanche, hebdomadaire paru pour la première fois le 14 février 1971. Il était le complément dominical de Fraternité Matin.

–      Ivoir’ Soir, créé en 1988. C’est un support du groupe de presse Fraternité Matin. Jusqu’à sa suppression en 2002, Ivoir’ Soir était édité par la Société Ivoirienne d’Imprimerie. Il était un journal à vocation culturelle. Mais il a cessé de paraître depuis le premier trimestre 2003 à cause des difficultés financières que traversait le groupe qui assurait son édition.

En définitive, avant le 03 mai 1990, date du retour au multipartisme, seuls Fraternité Matin, Ivoir’ Soir, Ivoire Dimanche et Fraternité Hebdo (devenu Le Démocrate sous l’ère multipartite) étaient les journaux ivoiriens qui traitaient de l’actualité.

 

–      L’explosion après le retour au multipartisme

La libéralisation de l’espace politique ivoirien, le 03 mai 1990, a eu pour corollaire l’éclatement du paysage médiatique marqué par la parution tous azimuts d’organes d’informations. Ce phénomène a été plus éloquent dans le domaine de la presse où, de juillet 1990 à la mi-août 1996, l’on a enregistré la parution de 181 supports d’informations générales, culturelles, politiques, sportives, satiriques, féminines …

Les titres évocateurs de ces organes, dont la plupart ont disparu du marché quelque temps seulement après leur création, sont révélateurs du nouvel état d’esprit (fortement marqué, par la liberté d’expression) qui prévaut depuis la réinstauration du multipartisme:

–      La Voie, Le Nouvel Horizon, Notre Temps, Liberté, Le Démocrate, Téré (soleil), l’indépendant, Le Changement, Plume Libre, Le Dénonciateur, Le Virage, Réalités, Le Défi, Le Regard, La Nouvelle Nation, Eclosion, Le Combattant, Côte d’Ivoire Nouvelle, Le Jeune Démocrate, L ‘œil du Peuple, Le Nouvel Elan, L’Alternative, Nouvelle ère, etc.

Parmi les journaux parus après le 03 mai 1990, l’on note aussi bien des quotidiens, des hebdomadaires, des mensuels que des périodiques. Ils sont soient « indépendants », soient proches de l’opposition ou du parti au pouvoir, le P.D.C.I.-R.D.A.

Le premier organe non gouvernemental paru après le retour au multipartisme fut Téré; support d’informations du Parti Ivoirien des Travailleurs (P.I.T.) mis sur le marché en juillet 1990. Il s’agissait d’un hebdomadaire. Depuis cette date jusqu’en 2002, 200 titres ont été créés. Mais, entre juillet 1990 et août 1996, 146 publications ont suspendu leur parution. Sur les 200 titres créés de juillet 1990 à 2002, seulement 23 continuaient de paraître en mai 2001 ; 177 ayant disparu.

Outre le P.I.T., d’autres partis de l’opposition ivoirienne ont créé leurs organes d’informations ou suscité la création de journaux qui leur sont favorables.

Ce fut le cas du Parti Socialiste Ivoirien (P.S.I.) qui a créé La Nouvelle Côte d’Ivoire (bulletin d’informations); du Parti Libéral de Côte d’Ivoire (P.L.C.I.) qui publiait Le Soleil d’or, du Front Populaire Ivoirien (F.P.!.) avec La Voie (devenu Notre Voie) et Le Nouvel Horizon; de l’Union des Sociaux-Démocrates (U.S.D.) qui contrôlait Le Jeune Démocrate; du Rassemblement Des Républicains (R.D.R.) avec; Le Libéral du P.D.C.I., tombé dans l’opposition depuis décembre 1999, avec Le Nouveau Réveil.

 

–      Les balbutiements de la presse ivoirienne

S’il est indéniable que la presse est le domaine où la liberté d’expression s’est le plus exercée depuis le retour au multipartisme en Côte d’Ivoire, il est tout aussi incontestable que c’est là où se sont le plus manifestées les entraves et les menaces contre la démocratie. Le manque de professionnalisme, l’extorsion de fonds, la corruption, la diffamation, le chantage, l’escroquerie et de nombreux manquements à l’éthique et à la déontologie font partie des avatars quotidiens de la presse ivoirienne. Une presse au contenu souvent acerbe, violent, purulent et incitateur à la haine, à la xénophobie et au tribalisme.

Toutes ces tares ont été maintes fois dénoncées par l’Observatoire de la Liberté de la Presse, de l’Ethique et de la Déontologie (OLPED) créé le 24 septembre 1995 à la veille des élections présidentielles.

Après cinq années d’exercice (1995-2000), l’OLPED a constaté 2025 manquements à l’éthique et à la déontologie. Les journaux qui ont été les plus indexés sont:

–      Le National (438 manquements)

–      Le Libéral (167 manquements)

–       Notre Voie (117 manquements)

–      Le Patriote (89 manquements)

–      Fraternité Matin (58 manquements)

Par ailleurs, des journalistes ivoiriens ont payé de leur liberté la loi n° 91-1033 du 31 décembre 1991, portant régime juridique de la presse, même si leur manque de professionnalisme a constitué un sérieux catalyseur de leur infortune: 21 journalistes de différents organes (Le Jeune Démocrate, L ‘œil du Peuple, Le Patriote, Le Républicain, La Voie, Plume Libre, Le Changement, Soir lnfo, La Patrie, Le Populaire) ont ainsi connu la prison dans l’exercice de leur métier, de 1990 à l’an 2000 de même, à cause de leur opinion, des journalistes ont été souvent séquestrés ou battus par des forces de l’ordre, un responsable de presse tué: assassinat le mardi 21 septembre 1999 de Abdoulaye Bakayoko, propriétaire du journal Le Libéral, proche du R.D.R.

D’autres entraves à la liberté d’expression ont été perpétrées:

–      tentative d’incendie des locaux du groupe Le Nouvel Horizon, proche du F.P.I., en 1995,

–      destruction du matériel de travail du journal Libération, proche du R.p.R., dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 octobre 1999 ; avec en sus le meurtre du gardien des lieux retrouvé bâillonné.

Tel se présente le paysage de la presse ivoirienne, de la réinstauration du multipartisme, le 03 mai 1990, à décembre 1999. Un paysage marqué par la liberté d’expression, sur fond de nombreux manquements à l’éthique et à la déontologie, mettant souvent en péril le processus démocratique de la Côte d’Ivoire.

 

LE PAYSAGE ACTUEL DE LA PRESSE EN COTE D’IVOIRE

Les acteurs

De nombreux acteurs privés et publics animent l’univers actuel de la presse en Côte d’Ivoire.

 

–      Les acteurs étatiques

Le Ministère de la Communication et ses structures sous tutelle technique et administrative sont les principaux acteurs étatiques qui régulent le fonctionnement de la presse en Côte d’Ivoire. Au nombre de ses structures, l’on note le Conseil national de la Communication Audiovisuelle, le Conseil Supérieur de la Publicité, le Conseil National de la Presse et l’Agence Ivoirienne de Presse. Les deux dernières structures citées retiendront particulièrement notre attention dans le cadre de cette étude.

* L’AlP: Agence Ivoirienne de Presse a été créée le 2 juin 1961 par la Loi n° 61 200 du 2 Juin 1961 et le Décret n° 91-181 du 27 mars 1991, portant création d’un Etablissement Public à caractère administratif dénommé Agence Ivoirienne de Presse. Sa création visait à assurer à la Côte d’Ivoire sa souveraineté en matière de collecte et de redistribution de l’information nationale et mondiale. Son siège se trouve au Plateau, avenue Chardy.

L’AlP a pour objet la collecte, le traitement et la distribution de l’information aux organes de presse et aux autres usagers contre paiement.

Sur le plan national, l’AIP dispose de trois réseaux de collecte et d’un centre de traitement des informations.

–      Rédaction Centrale: Outre la collecte de l’information d’Abidjan et de sa banlieue, la Rédaction Centrale traite les informations collectées sur tout le territoire national par le réseau AIP. Pour ce faire, la Rédaction Centrale sise au siège de l’Agence à Abidjan dispose de 6 services spécialisés ou desks (Nation, Economie, Société, Sports, Culture et Etranger).

–      14 bureaux régionaux fonctionnels : Abengourou, Agboville, Bondoukou, Bouaflé, Bouaké, Daloa, Dimbokro, Divo, Man, Gagnoa, Korhogo, Odienné, San Pedro et Yamoussoukro.

–      50 correspondants de presse pigistes : ces correspondants couvrent tous les départements et certaines sous-préfectures. Leur nombre est appelé à s’accroître, la direction souhaitant avoir un correspondant dans toutes les communes du pays très bientôt. Mais, actuellement avec la situation de crise, seuls 43/50 postes sont ouverts.

Sur le plan international, L’Agence ne dispose pas pour le moment de bureau à l’extérieur du pays. Elle distribue cependant un service d’informations mondiales acquis par convention auprès de l’Agence Chine Nouvelle (XI-IIN-UA) et de l’Agence Guinéenne de Presse (AGP). L’AIP vient de signer une convention d’échanges des dépêches avec l’Agence d’Information du Burkina qui entrera incessamment en vigueur. L’AIP entend nouée également des accords de partenariats avec d’autres agences de presse de la CEDEAO pour un échange d’informations.

L’Arp, grossiste de l’information et leader de l’information de proximité, dispose d’un site Internet (www.aip.ci) qui lui permet:

1. de mettre ses informations nationales et internationales à la disposition de sa clientèle en temps réel;

2. d’offrir des rubriques diversifiées;

3. d’avoir des espaces publicitaires pour les activités socioprofessionnelles telles que les conférences, les séminaires, les réunions à des tarifs étudiés.

 

* Le CNP : Conseil National de la Presse

C’est une instance de régulation. Autorité administrative indépendante, elle est chargée de veiller au respect par les entreprises de presse et les journalistes des obligations prévues par la loi n° 2004 – 643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse

A ce titre, il dispose d’un pouvoir disciplinaire.

Le Conseil National de la Presse exerce le pouvoir disciplinaire au sein de la profession de journaliste et des professionnels de la presse. Le Conseil National de la Presse veille au respect des règles relatives à la création, à la propriété, aux ressources et à la déontologie de l’entreprise de presse ainsi qu’au pluralisme de la presse.

Le Conseil National de la Presse est composé de onze (11) membres:

–      un professionnel de la communication, désigné par le Président de la République, Président;

–      un représentant du Ministre chargé de la Communication;

–      un magistrat désigné par le Conseil Supérieur de la Magistrature;

–      deux journalistes professionnels désignés par les organisations professionnelles de journalistes;

–      un représentant des directeurs de publication;

–      un représentant des éditeurs de presse;

–      un représentant des sociétés de distribution de presse;

–      un représentant de la société civile désigné par les organisations de défense des droits humains;

–       un représentant des imprimeurs ;

–      un représentant des Associations de consommateurs.

 

* La CPACIJP: Commission Paritaire d’Attribution de la Carte d’Identité des Journaliste Professionnels

Il existe une Commission Paritaire d’Attribution de la Carte d’Identité de Journaliste Professionnel ou de professionnel de la communication. Sa composition, son organisation et son fonctionnement sont fixés par décret pris en Conseil des Ministres.

La Commission paritaire d’attribution de la carte d’identité de journaliste professionnel ou de professionnel de la communication est chargée de l’attribution de la carte d’identité professionnelle.

La Commission paritaire dispose à ce titre d’un pouvoir disciplinaire.

En cas de manquement aux règles d’éthique et de déontologie, la Commission paritaire d’attribution de la carte d’identité de journaliste professionnel ou de professionnel de la communication peut prononcer les sanctions suivantes :

   
1. l’avertissement
2. le blâme;
3. la suspension;
4. la radiation.

 

La suspension entraîne de plein droit le retrait de la carte d’identité et la radiation entraîne son retrait définitif.

La Commission paritaire d’attribution de la carte d’identité de journaliste professionnel ou de professionnel de la communication peut être saisie à tout moment par tout intéressé. , Elle peut aussi se saisir d’office.

Les décisions de la Commission paritaire sont susceptibles de recours, en cas de contestation, devant les organes de régulation siégeant en formation collégiale et le cas échéant, devant les juridictions compétentes.

Pour l’accomplissement de sa mission, la Commission Paritaire d’Attribution de la Carte d’Identité de Journaliste Professionnel et de Professionnel de la Communication dispose d’un Secrétariat permanent.

 

–      Les acteurs privés

Les organisations professionnelles privées du secteur de la presse en Côte d’Ivoire sont nombreuses. Elles sont constituées de syndicats, d’associations professionnelles, d’éditeurs, de distributeurs, de grossistes, de détaillants et de vendeurs à la criée auxquels il faut ajouter les lecteurs.

 

Les associations et organisations professionnelles

Au nombre de ses structures, l’on note

–      L’UNJCI: Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire créée le 25 novembre 1991

–      L ‘OLPED : Observatoire de la Liberté de la Presse de l’Ethique et de la Déontologie

–      Le GEPCI : Groupement des Editeurs de Presse de Côte d’Ivoire

–      La CNDPCI : Confédération Nationale des Directeurs de Publication de Côte d’Ivoire

–      L’UPMCI: Union des Professionnels des Médias en Côte d’Ivoire qui selon son Président du Conseil d’Administration veut œuvrer à « relever le niveau de vie et de performance ». des professionnels des médias

–      L’UNPSCI: Union Nationale de la presse Sportive de Côte d’Ivoire

–      L’UNAPRESCI: l’Union nationale de la presse sportive de Côte d’Ivoire 

–      L’AJOSCI: Association des Journalistes Culturels de Côte d’Ivoire

–      Le REPMASCI : Réseau des Professionnels des Medias et des Arts Engagés dans la lutte contre le Sida et les Autres Pandémies en Côte d’Ivoire

–      Le REPPRELCI : Réseau des Professionnels de la Presse en Ligne de Côte d’Ivoire,

–      L’UPF: Union Internationale de la Presse Francophone, section Côte d’Ivoire

–      Le SYNAPPCI : Syndicat National des Agents de la Presse Privée de Côte d’Ivoire

–      Le REFJCI : Réseau des Femmes Journalistes de Côte  d’Ivoire

–      FEMCI: Femmes des Médias de Côte d’Ivoire

–      L’OJP: l’Organisation des Journalistes Professionnels de Côte d’Ivoire

D’autres types d’associations de journalistes en rapport avec des secteurs spécifiques existent. Elles ont  liées à

–      la Presse diplomatique

–      la Presse politique

–      la Presse économique

–      la presse en ligne

–      la bande dessinée

–      l’environnement, etc.

 

Les éditeurs

–      SNPECI: Société Nouvelle de Presse et d’Edition de Cote d’Ivoire, éditeur de Fraternité Matin

–      OLYMPE: éditeur de Soir Info et de l’Inter

–      Sud Action Medias : éditeur de Notre Heure et de L’Expression

–      Editons de La Fondation: éditeur de Notre Voie

 

 Les distributeurs

Le secteur de la presse privée en Côte d’Ivoire compte également en son sein des distributeurs:

–      EDIPRESSE, la plus ancienne.

–      MEDIASOFT LAFAYETTE

–      COTE D’IVOIRE DISTRIBUTION (CID), créée en Janvier 2008

 

Les vendeurs

Ils sont essentiellement constitués de: grossistes, des détaillants et des revendeurs à la criée

 

La typologie de la presse en Côte d’Ivoire

La presse en Côte d’Ivoire présente aujourd’hui un visage riche et varié; aussi bien dans ses formats que dans ses contenus. En dehors la presse purement d’obédience nationale, l’on a la presse étrangère éditée à partir de la Côte d’Ivoire tout comme celle éditée à l’étranger et vendue en Côte d’Ivoire. Les formats vont du tabloïd au magazine en passant par le format poche. Le contenu est à la fois général et spécialisé, neutre ou partisan suivant que cette presse est proche d’une chapelle politique ou pas. Leur périodicité vont essentiellement du quotidien au mensuel en passant par l’hebdomadaire. D’autres paraissent au gré des financements disponibles et de l’actualité.

 

–      La presse étrangère

–      Les agences de presse : AFP, Associated Press

–      Les journaux et les magazines d’informations générales: Jeune Afrique et la plupart des quotidiens français (Le Figaro, Le Parisien, Le Monde diplomatique)

–      Les magazines d’informations spécialisées (culturelle, mode, sportive: ONZE, féminine: MARIA, VOICI, érotique: UNION, pour enfant, pour jeunes Planètes Jeunes, presse people, gastronomique, agricole: économique/ management : Management, sécurité: éducation, téléphonie mobile: Mobile magazine NTIC Etc.)

 

–      La presse ivoirienne

–      Les agences de presse : AIP

–      La presse d’informations générales: plus d’une dizaines de quotidiens par jour.

–      La presse spécialisée (culturelle, mode, sportive: MATCH, féminine, érotique, pour enfant : Planète enfant, pour jeunes Planètes Jeunes, presse people : Top visage, gastronomique : Cordon bleu, agricole: le Planteur, économique/ management : Ecomag, Management, sécurité: éducation, téléphonie mobile: Mobile magazine NTIC, Santé : Bien Vivre, Magazine santé (MS) Etc.)

–      La presse gratuite: supports distribués gratuitement et financés grâce aux recettes publicitaires.

 

–      La presse des partis

La presse quotidienne ivoirienne d’informations générales est marquée une accointance avec le politique. La plupart des quotidiens sont soutenus par des partis politiques dont ils se font les caisses de résonance. Parmi ces journaux l’on peut citer:

–      Notre Voie, Le Temps, Le Quotidien tous proches du Front Populaires Ivoirien, parti au pouvoir

–      Le Patriote proche du Rassemblement des Républicains

–      Le Nouveau Réveil proche du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire

 

–      La presse d’expression neutre

Au nombre de ce genre des supports, l’on note : 

–      L’Inter

–      Soir Info

–      L’Intelligent d’Abidjan

 

–      La presse satirique

Sur le marché actuel de la presse, Le National est le support dont le contenu illustre le mieux la presse satirique aux limites du diffamatoire.  On note aussi GBICH.

 

–      La presse en ligne: abidjan.net, un précieux relais pour les  journaux

Abidjan.net constitue le meilleur exemple de la presse en ligne en Côte d’ivoire. Il est le pionnier dans le domaine et son exemple est suivi depuis lors par la plupart des quotidiens qui mettent en ligne une version électronique de leur contenu.

 

L’ENTREPRISE DE LA PRESSE EN CI

Le principal défi de l’entreprise de presse en Côte d’ivoire est d’ordre économique. En effet, les coûts d’impression représentent 40 à 45% des charges des journaux. Le prix du papier est cher et de plus certains imprimeurs exigent d’être payés d’avance, par manque de confiance. La société Edipresse assure la diffusion des journaux dans les principales localités du pays. Ce service représente 30% des charges des journaux. A cela s’ajoutent les charges de fonctionnement, dont les salaires. Enfin, les journaux sont confrontés à un marché publicitaire étroit et subissent les effets des lacunes dans leur gestion. L’entreprise de presse ne s’embarrasse pas de fioritures et d’amateurisme. Tares qui hélas constituent le lot quotidien de la plupart des journaux ivoiriens. Il reste que la loi n° 2004 – 643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse précise les conditions économiques et juridiques de leurs parutions.

 

Les formalités pour la publication d’un journal ou d’un écrit périodique

Depuis 2004, il existe un nouveau cadre juridique du secteur de la presse écrite en côte d’ivoire. C’est la loi numéro 2004-643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse qui contrairement à l’ancien cadre soumet la parution de tout journal à des conditions plus rigoureuses.

L’entreprise de presse est obligatoirement créée sous la forme d’une société ayant un capital social d’au moins 5.000.000 de francs. Les associés, actionnaires, commanditaires ivoiriens d’une personne physique ou morale propriétaire d’une entreprise de presse doivent détenir au moins la majorité du capital social.

Dans le cas de société par actions, les actions doivent être nominatives. Tout transfert doit être agréé par le conseil d’administration de la société.

Le régime de la publication d’un journal en côte d’ivoire est le régime déclaratif et non le régime de l’autorisation préalable.

Avant la parution de tout journal, il faut constituer préalablement une entreprise commerciale, entreprise de presse (SARL au capital minimum de 5000.000 FCF A).

La société commerciale propriétaire d’un journal ou écrit périodique, avant la déclaration de publication, doit faire la preuve:

–      des statuts de la société dûment constituée;

–      de la déclaration notariée de souscription libérée au quart;

–      du paiement du droit d’enregistrement;

–      de la déclaration de constitution légale;

–      de son inscription au registre de commerce;

–      de sa déclaration fiscale d’existence;

–      de l’existence d’un compte bancaire.

Elle doit satisfaire à l’obligation de déclaration à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale en abrégé CNPS dans un délai de six mois. Elle est tenue de satisfaire aux obligations mises à la charge de tout employeur par la législation sociale en vigueur et de tenir une comptabilité autonome selon les règles de l’OHADA

Toute entreprise de presse est tenue dès sa création de compter au titre de son personnel permanent des journalistes professionnels au sens de la réglementation en vigueur dont, obligatoirement le rédacteur en chef, le rédacteur en chef adjoint ou le secrétaire général de la rédaction. L’équipe rédactionnelle des quotidiens et des périodiques doit être composée en majorité de journalistes professionnels.

Avant la parution de tout journal ou écrit périodique, il sera fait au parquet du procureur de la république dans le ressort duquel se trouve le siège du journal ou de l’écrit périodique une déclaration de publication en double exemplaires comprenant:

–      les pièces justificatives de l’existence juridique de l’entreprise de presse

1)    les statuts de la société dûment constituée

2)     la déclaration notariée de souscription libérée au quart

3)     le paiement du droit d’enregistrement

4)     la déclaration de constitution légale

5)     l’inscription au registre de commerce

6) la déclaration fiscale d’existence ·

7) l’existence d’un compte bancaire

–      Le titre du journal du journal, sa nature et sa périodicité

–      les noms, prénoms, filiations, nationalité et adresse complète du directeur de publication et des principaux associés détenant individuellement ou collectivement plus des 2/3 du capital social

–      le casier judiciaire, volet B3 du directeur de publication

–      l’adresse géographique de l’établissement où va se dérouler l’activité de rédaction du journal ou de l’écrit périodique

–      la dénomination et l’adresse de l’imprimerie choisie

–      une lettre d’engagement écrite, datée et signée par le directeur de publication à respecter et à appliquer la convention collective interprofessionnelle régissant le secteur de la presse

–      Toute modification apportée aux indications ci-dessus énumérées sera déclarée au parquet du Procureur de République dans le trente jours qui suivent

–      Adresser au procureur de la république une lettre de déclaration de publication, le déclarant recevra en retour un récépissé de déclaration de publication

–      Un exemplaire de la déclaration et les modifications ultérieures transmises au parquet du ··Procureur de la République seront mises par celui -ci à la disposition du Conseil National de la presse dans un délai de quinze jours

–      Se soumettre aux formalités du dépôt légal

–      Se soumettre aux formalités de parution du conseil supérieur de la publicité dans l’éventualité d’entreprendre des activités publicitaires.

 

Les obligations post-parution

L’éditeur doit toujours porter les mentions obligatoires suivantes dans chaque parution (cf. art 17 point A de la loi de 2004 sur la presse) :

–      La dénomination, la raison sociale, la forme de la société et le nom de son représentant légal;

–      Le nom du Directeur de Publication;

–      Le nom du responsable de la rédaction;

–      Le tirage du jour ;

–      Le numéro de dépôt légal.

 

Une fois par an, au cours du premier trimestre de l’année civile suivante, l’éditeur doit communique au CNP :

–      le tirage moyen et la diffusion moyenne sur l’année écoulée;

–      la publication du niveau de vente des journaux par région et par département;

–      le nom du gérant ou la composition des organes de direction et d’administration et la liste des actionnaires et porteurs de parts avec le nombre d’actions ou de parts de chacun;

–      la liste complète des journalistes professionnels, des rédacteurs fixes ou occasionnels.

 

Le journal doit également:

–      publier les droits de réponse qui lui sont adressés sans réaction, ni Commentaire ;

–      S’approprier et respecter le code de déontologie;

–      compter en majorité des journalistes professionnels parmi l’équipe; rédactionnelle dont obligatoirement le rédacteur en chef le rédacteur en chef adjoint ou le secrétaire général de la rédaction;

–      vendre sous emballage et non à la criée toute publication à caractère pornographique;

–      respecter toutes les obligations contenues dans la loi numéro 2004-643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique.

 

Le financement d’un journal.

Garantir son indépendance, rencontrer son électorat, intéresser les partenaires justifient la recherche de financement. Cela nécessite de procéder avec méthode et tact.

La recherche de financement, qui peut être coûteuse en temps et en énergie, ne doit pas être .une fin en soi. Il ne vous sert à rien de dépenser tout votre temps à financer l’édition de votre journal sur papier glacé couleur si son contenu ne suit pas. Les moyens que vous cherchez pour le journal doivent aider à l’améliorer et à l’inscrire dans la durée. Ne vous détournez surtout pas de votre objectif initial: faire un journal.

 

–      Que chercher?

* Lister vos besoins

Avant toute chose, vous devez lister vos besoins avec précision:

–      besoin de structure: le local, l’équipement informatique, le matériel de bureau, la documentation, le fonctionnement, l’abonnement;

–      besoin lié au contenu du journal: le matériel de reportage, frais de déplacement, fournitures. .. ;

–      besoin lié à la réalisation technique: impression, publication, diffusion,

–      besoin humain: photographe, dessinateur, coursier, rédacteurs, secrétaires, vigiles …

 

* Définir des priorités

Une fois les besoins identifiés, il faut passer à la détermination de ce qui correspond à vos besoins vitaux et à ceux que vous devez différer. Il faut donc hiérarchiser vos besoins.

 

* Qui démarcher?

Une fois vos priorités définies; il faut faire correspondre à chacun de vos besoins, les personnes et les organismes à solliciter susceptibles de vous aider. Démarcher les partenaires vous demandera le plus souvent disponibilité et persévérance.

 

* Les partenaires institutionnels

Commencer par les structures les plus proches de vous (la mairie, le conseil général, le conseil régional’ et les partenaires au développement.

 

* Les partenaires publicitaires

N’hésitez pas à démarcher les établissements proches de votre zone de diffusion (librairie, entreprise de téléphonie mobile, de communication, de produit à grande consommation).

 

* Les Organismes de proximité

Vous rapprochez de certaines structures implantées dans votre zone d’accueil peut vous valoir quelques facilités et la mise à disposition de moyens (salle de réunion, prêt de matériel informatique).

 

–      Comment chercher?

Commencer par monter un dossier de demande de subvention. Ce dossier doit décrire brièvement, pas plus de 8 pages, qui porte le projet, dans quel esprit, les objectifs qui le sous-tendent (nombre de N° / an, nombre d’exemplaires / an, nombre de N° diffusés).

N’oubliez pas d’y adjoindre un budget prévisionnel des dépenses et de recettes qui doivent être équilibrées.

 

–      La vente du journal

Il est toujours conseillé aux rédactions de vendre leur journal. Ce qui peut paraître comme un moyen de crédibiliser votre support. Tout ce qui s’achète est supposé avoir de la valeur. Une contrainte supplémentaire présente en fait de nombreux avantages. C’est avant tout un moyen facile d’autofinancement.

 

Moyen d’autofinancement

La vente du journal vous permettra d’être partiellement indépendant de vos bailleurs.  Limitant ainsi leur capacité à exiger de vous un droit de regard sur le contenu de votre journal.

 

Moyen de valorisation de votre travail

Vendre son travail même à un prix symbolique est aussi une façon d’affirmer que votre travail a de la valeur. Vous ne distribuez pas un tract publicitaire que l’on prend et jette sans avoir lu. Il est plus probable que vous serez lu par quelqu’un qui aura fait la démarche de vous acheter le journal.

 

Savoir assumer sa responsabilité

Vendre son journal peut être également synonyme d’assumer la responsabilité de ses écrits.

 

–      Le fonds de la presse, une bouffée d’oxygène?

Le Gouvernement a prévu d’octroyer un fonds pour les entreprises de presse qui s’élève à 1 milliard de CFA. Il a, à l’effet de gérer ledit fonds, mis en place le Conseil de Gestion du Fonds de Soutien et de Développement de la Presse et de la Communication Audiovisuelle (FSDP). Une partie de ce fonds a été récemment débloquée. Mais il reste insuffisant face aux énormes besoins de la presse ivoirienne sujette aux aléas des invendus, de la « titrologie », des sources occultes de financement et de la faiblesse de la rente publicitaire.

L’Etat de Côte d’Ivoire a par ailleurs pris une mesure salutaire en décidant d’exonérer d’impôts et de taxe pour 3 ans les entreprises de presse.

Cette exonération concerne les bénéfices industriels et commerciaux ou l’impôt minimum forfaitaire: l’impôt sur le patrimoine foncier, à l’exception des immeubles donnés en location, de contribution nationale pour le développement économique, culturel social de la Nation au titre du personnel local.

 En outre, les arriérés d’impôts et de taxes de toute nature au 31 décembre 2008 des entreprises de presse ont été annulés.

 

Conclusion : droits et déontologie du journaliste

Les journalistes ont le droit à la liberté d’expression garantie par la déclaration universelle des droits de l’homme édictée en 1948. Les journalistes revendiquent le droit d’opinion et contribuent àgarantir le droit de tous à l’information. Les journalistes doivent prendre la responsabilité de tous leurs écrits ou autres formes d’expression signée ou non. Ils doivent être ouverts à toutes discussions sur leur publication et s’engager, par souci de vérité, à rectifier toute information erronée. Les journalistes tiennent la calomnie et le mensonge pour une faute sans pour autant renoncer à des modes d’expression satiriques ou humoristiques. Les journalistes tiennent la censure et toute sorte de pression morale ou matérielle pour des atteintes inacceptables à la liberté d’expression, notamment dans un village planétaire où l’information participe de la vitalité et de la dynamique sociale.

 

Les droits du journaliste

La liberté d’expression est un droit fondamental reconnu par plusieurs conventions internationales. En Côte d’Ivoire, ce droit est garanti par la Loi 2004 – 643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse.

En France, le cadre général des publications est la loi sur la presse de 1881.

 

Les limites de la liberté d’expression

La liberté d’expression n’est pas un droit absolu. On peut parler de tout mais on ne peut pas le faire n’importe comment. La liberté d’expression est donc limitée par 2 grands principes : la protection des personnes et la sauvegarde de l’ordre public.

 

Les principaux délits de presse

Il s’agit entre autre de :

La diffamation: toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à l’intégrité morale d’une personne ou d’un corps. Il s’agit de toute expression outrageante de termes de mépris ou invectives qui ne renferment l’imputation d’aucun fait. Confère Titre 9 de la Loi 2004 – 643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse.

Des atteintes aux droits à l’image et au respect de la vie privée: il s’agit par exemple de l’utilisation sans autorisation d’une photo ou d’un enregistrement d’une personne dans un cadre privé.

Des troubles à l’ordre public: il s’agit d’une incitation au crime et délit, à -l’usage de stupéfiant, à la violence, à la discrimination religieuse, raciale ou sexuelle.

Du délit de fausses nouvelles : il est question ici de la publication, de la diffusion ou de la reproduction de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers.

 

–      Les obligations

* La direction de publication

Tout journal doit désigner un directeur de publication. Il s’agit d’un personnage essentiel qui est légalement responsable du contenu du journal.

Les mentions obligatoires

Elles regroupent un ensemble d’informations que vous devez faire apparaître dans le journal: le nom du responsable de publication, celui de l’imprimeur, la date de parution et le prix de vente s’il y a lieu. En général, les mentions obligatoires sont présentées dans l’ourse, encadré placé en début ou fin de publication.

Les déclarations et dépôt

Ils sont nombreux et doivent être réalisés par le directeur de publication: – déclaration d’intérêt de paraître

–      dépôt légal

–      dépôt judiciaire

–      dépôt administratif

Le droit de réponse

Toute personne désignée dans un journal (nommément) ou que l’on peut reconnaître a le droit de bénéficier d’un droit de réponse. Adressé au directeur de publication, il doit paraître dans le numéro suivant à la même place, dans le même caractère et de la même longueur que l’article mis en cause. Confère Titre 7 de la Loi 2004 – 643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse.

 

–      La déontologie de la presse

Il faut être fier de pouvoir profiter de sa liberté d’expression et d’opinion. Chaque journaliste doit être cependant conscient que sa responsabilité personnelle est engagée dans ses écrits quels qu’ils soient, même anonymes ou signés sous pseudo. Car l’écrit a un vrai poids. Vérifier ses sources, les citer, ne pas avoir l’intention de nuire àquelqu’un, sont des règles que vous devez garder à l’esprit. Cela ne doit pas vous empêcher d’exprimer franchement vos opinions ni de recourir à l’humour ou à la satire.

 

Pascald DJADOU