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Jeux d’ados, ce sont les vacances scolaires dans les quartiers précaires

Cyril Verb | | Litterature

Parmi les jeux en vogue pour ces vacances, les enfants des quartiers populaires d’Abidjan, optent pour la marelle. Accessible et amusant, tels sont les sentiments reflétés par ces adolescents dont l’âge est compris entre 7 et 14ans. Timides ou éveillés, ils sont plaisants et joyeux, la marelle leur enseigne implicitement les clés de la réussite.

« Un Pied, un pied, un pied, deux pieds… ». La petite Zéhé fredonne cet air et avance avec persévérance en faisant de petits sauts dans des cases tracées au sol. Son objectif comme tous les autres joueurs d’ailleurs ; construire une maison dans l’une des cases du dispositif. La marelle égaie ces adolescents et chacun reste vigilant pour s’assurer de faire un parcours sans faute. Cependant, Zéhé sait que cet objectif n’est pas facile à atteindre. Il lui faut dépasser plusieurs étapes, recommencer le parcours, souvent à maintes reprises, jusqu’à ce que ce soit la bonne. Chaque enfant souhaite une maison, qu’il va customiser à son goût. Le découragement n’a pas sa place chez ces enfants du quartier Yamoussoukro à Yopougon. Le nom du quartier est celui de la capitale politique et administrative du pays. Une ville symbole de paix. La plus grande Basilique au monde s’y trouve, « Notre Dame de la paix » se dénomme-t-elle.

Le sourire de se divertir après une année scolaire réussie illumine les visages. En effet, à travers la marelle filles comme garçons veulent réaliser un rêve qui vraisemblablement ressemble à celui d’avoir des conditions de vie meilleures. Au fil des séances, ils acquièrent le sens de la persévérance et de l’abnégation. Au bout de cinq(5) tentatives, Zéhé a construit une maison, dans la deuxième case du dispositif. Son adversaire de jeu, n’en a pas encore. Il reste optimiste cependant. « Ce n’est pas une course. Moi aussi je vais avoir une maison. Peut-être qu’à la fin j’aurais plus de maisons qu’elle » rassure-t-il.

Une leçon de vie qui prédispose ces enfants à ne pas être envieux mais travailleurs, quelque soit « le retard » accusé. Les parents de ces enfants sont pour la plupart de petits commerçants dans l’informel. Pour eux, « c’est rassurant » que cette activité ludique ne soit pas onéreuse et évite les promenades loin de la maison. La rentrée scolaire c’est pour bientôt ! L’école reste chère malgré les efforts de gratuité revendiquée par l’Etat.

Dans le dispositif de la marelle, avant d’avoir une maison il faut atteindre le ciel. C’est l’ultime étape, elle est couronnée par un habitat. En jouant à la marelle, d’autres moins âgés apprennent à compter, à dessiner et à écrire. Le sol est le tableau par excellence, mais les gestes d’hygiène élémentaires sont parfois omis. D’autres codes priment dans les quartiers précaires, car l’eau est une denrée rare.

 

Cyril Verb