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France-Afrique : Angélique Kidjo monte au créneau !

Firmin Koto | | Evènements

Loin des plateaux un peu plus glamour pour magnifier la femme africaine, la diva béninoise Angélique Kidjo, s’invite cette fois dans le débat de la France-Afrique pour dénoncer  les rapports entretenu entre les pays francophones africains et l’ancien colon.

Tout part avec cette première. Une ancienne colonie africaine, le Bénin, vient  officiellement  de demander la restitution des trônes, statues et bijoux pillés en 1892 et actuellement exposés au musée du Quai-Branly.

Et lorsqu’on l’interroge pendant cette émission sur le plateau de Tv5 au sujet  de cette actualité,  Angélique Kidjo  estime que ce qui appartient à la mémoire d’un peuple ne doit pas être ailleurs.

En effet ces statuettes font partie des trésors d’Abomey. Elles auraient été volées par la France au 19e siècle du temps de la traite coloniale.

La France du moins pour l’instant refuse de restituer ces œuvres prétextant qu’elles appartiennent au mobilier de l’Etat français. Et que même dans une perspective de restitution, elle (la France) s’inquiéterait pour la sécurité de ces œuvres au cas où elles devraient être transférées au Bénin.

C’est à juste titre  qu’une journaliste sur le plateau a rappelé à la diva béninoise qu’il y a de cela quelques jours, une aille du musée nationale béninois partait en fumée.

A propos de la sécurisation de ces œuvres dans l’éventualité de leur retour au Benin,  Angélique Kidjo bien que dubitative sur les questions sécuritaire pour ces objets en cas de leurs éventuelles retour propose tout de même des  solutions. Pour elle le musée Zinsou serait apte à  accueillir ces œuvres et qu’il faudrait en outre se donner le temps de bien organiser cette restitution historique.

Elle réfute par ailleurs la mise  en avant de la  responsabilité  de tout un pays par ce qu’une aille du musée aurait brulée. « Un tel incendie aurait aussi pu se produire au Louvre » avait-elle martelée sur le plateau de Tv5.

Et cela non sans soulever le problème de la gouvernance en Afrique francophone. Pour elle il est quasi inexistant qu’on puisse demander des comptes aux  dirigeants qui ont assez souvent la bénédiction des anciennes colonies.

Sinon : « qu’est-ce que stipule l’accord entre nos pays et leur anciennes colonies pour que nos dirigeants soient dans l‘incapacité de gérer leur pays, de construire des infrastructures, d’avoir une économie du marché qui permet aux jeunes de s’occuper pour éviter d’échouer sur des bateaux dans la méditerranée. Comment on créé des emplois ? Comment on investit dans nos pays… pourquoi nos dirigeants n’arrivent pas à le faire ? ». Angélique Kidjo pense que les africains devraient se poser ce genre de question pour un meilleur devenir de nos pays.

Entre désespoir et espoir, la prêtresse vaudou veut bien croire en cette jeunesse des pays africains francophones qui ont un grand besoin de faire des choses pour leurs pays. A ces jeunes, elle souhaite qu’on donne la possibilité de s’exprimer car c’est dans ce sens que l’Afrique francophone à plus besoin de l’aide de l’ancienne colonie.

Bien heureusement un plan Marshal est envisagé par le nouveau président français Emmanuel Macron qui reconnait que la colonisation est un crime contre l’humanité et que d’ailleurs ce plan Marshal sera porté par les gouvernants africains et les organisations régionales pour une gouvernance beaucoup plus rigoureuse avec une lutte contre la corruption et une transition démographique.

 

Firmin Koto