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Atypiques, made in Côte d’Ivoire, les chaussures « Lêkês » séduisent toutes les classes

Saxum Willy | | Arts & Vie

On les nomme Lêkê, Madjale ou encore Korodjo, tellement chacun de ses fans en fait son bijou de tous les jours. Ces paires de chaussures en plastique parties d’Abidjan ont conquises la Côte d’Ivoire, la sous-région et règnent en rênes indétrônables aux pieds de la star mondiale Didier Drogba. Les jeunes de Côte d’Ivoire depuis plusieurs décennies avaient déjà été conquis par les Lêkês. Fascinantes, elles sont devenues un « phénomène de mode planétaire », depuis que le modèle a été repris et mis sur le marché mondial par Gucci.

Légères, pratiques et accessibles, les Lêkês à l’origine font leurs classes dans les  lycées, dominent les rues ivoiriennes et marquent le pas dorénavant  dans les artères des villes européennes.

Solutions pratiques au lieu des souliers

Dans les lycées et collèges en Côte d’Ivoire, c’est une exigence de porter des chaussures fermées. Devant cet impératif, les populations à faible revenus, n’ayant pas les moyens d’offrir des souliers encore moins des baskets à leurs enfants se sont rabattues sur les Lêkês. Confinés dans ce statut de « chaussures pour pauvres » dans les premières années de leur sortie, les Lêkê ont séduit les cœurs  pour s’ériger en  chaussures fashion. Le climat aussi a joué en la faveur des Lêkê. Car, supporter les rayons du soleil ou la boue dans des souliers et à la marche ce n’était pas pratique. Alors ces spartiates en caoutchouc sont devenues les paires de souliers adaptées, et la basket par excellence des jeunes débrouillards des gares, des garages et autres apprentis Gbakas (minicar de transport commun). Le groupe Zouglou Magic System va l’illustrer dans son clip « Premier Gaou », comme plusieurs autres artistes.

Le footballeur Drogba a ses Lêkês

De couleurs Blanches ou noires et autres, les Lêkês ont permis aux adolescents amoureux du football et n’ayant pas les moyens de s’acheter des chaussures professionnelles, de vivre leur passion. La grande majorité des footballeurs ivoiriens a chaussé des Lêkês, afin de faire valoir ses premiers talents.

Pour les nostalgiques, Didier Drogba rechausse des Lêkês, mais encore que cette fois-ci, ce sera comme une chaussure de sortie.

Des modèles « binguiste » apparus dans les années 2006, cette chaussure d’ouvriers, d’élèves et paire de marques locales, à un usage qui s’est apparenté au fil des âges à celles des Jeans. Les Lêkês traversent les générations et les couches sociales. Les premiers exemplaires mis sur le marché portaient  à l’époque des noms de stars du ballon rond, telles que, Basile Boli, Zidane ou Tigana…

Sur les traces de ces professionnels confirmés, les nouvelles générations d’apprentis footballeurs qui rêvent de devenir les futurs Messi, Ronaldo ou Drogba, raccommodent et enfilent leurs pointures de Lêkês.

 

Saxum