Fely Tchaco (Mannequin chanteuse) : Du « Zaouli » à San-Francisco

Firmin Koto | | Musique
Fely-Tchaco

© Ronwired

Si la beauté est tout ce qu’il faut pour réussir, eh bien le titre de l’album « Côte-d’Ivoire sensation » de Fely Tchaco épouse cette qualité et même plus. Cette artiste aux multiples talents, réside actuellement dans la région de la baie de San Francisco, où elle a, à son actif, son propre groupe composé de musiciens provenant de diverses régions du monde. Elle a été reconnue dans son secteur avec plusieurs prix et distinctions. Apparue sur de nombreuses émissions de radio, dans des festivals et de nombreux sites tels que BB King de New York, Yoshi , San Francisco, Fely prend en charge plusieurs projets en gardant la main sur le cœur dans l’intérêt d’ aider ses proches, les autres artistes . Un des projets est de créer une comédie musicale pour la danse des masques Zaouli, un rythme adapté son style ainsi que le nouvel enregistrement de l’album à paraître dans un avenir proche serait le désir qu’elle veut et bien à voir naître.

Votre magazine préféré a retrouvé pour vous, l’artiste ivoirienne Fely résidant depuis de longues années aux USA. Mannequin d’1m75, chanteur et Fashion designer, Fely n’est pas une inconnue du public ivoirien. Mais, sa dernière visite en Côte d’Ivoire remonte à très longtemps.

Redécouvrons la ensemble.

 

100%culture : Bonjour Fely on vous sait depuis bientôt plusieurs années grande Ambassadrice de la culture ivoirienne aux USA. A quoi se résume aujourd’hui votre actualité ?

Fely : Le travail, la créativité, faire de la musique et entreprendre des projets entrepreneurials.

 

100%culture : Parlant justement de musique et de mode, vos deux  domaines d’expression, que vous conciliez assez bien. Peut-on savoir la source de toute cette inspiration ?

Fely : A 15 ans je me suis mise à la recherche de ma mère que je n’ai pas connue pendant mon enfance. Après l’avoir retrouvée, j’ai aussi fait la connaissance d’un de mes oncles maternel du nom de Wangni Paul. Il était couturier très renomme a Assouindé – Assinie. Il m’avait fait, à l’époque un très bel ensemble chapeau et jupe que je portais tous les jours. Malheureusement, ce dernier a été empoisonné et il est décédé par la suite. Sa mort m’avait beaucoup attristée, car je l’aimais beaucoup, mais j’ai gardé un grand souvenir de lui.

 

100%culture : Racontez-nous un peu

Fely : Je m’amusais souvent à dessiner des modèles de vêtements sur des feuilles, et comme cela je faisais faire des vêtements par des tailleurs de la place en me basant sur mes dessins. Aux Etats Unis, je sortais sur scène avec mes propres créations d’habits, ce qui incite chaque fois, le public à me demander où j’achète mes habits. C’est ce qui m’a inspirée en 2013 à organiser un défilé de mode au Museum of the African Diaspora à San  Francisco appelé Modern Ethnic Fashion. C’était un succès. C’est après cela que je me suis donc lancée dans la création de mode. Je suis maintenant aussi Fashion Designer en honneur de mon oncle Wangni Paul. Mes design ont été sollicités pour la participation de Grammy 2014. J’ai participé à Paris à Fashion Week et apparue dans des magazines internationaux de mode.

 

100%culture : Et s’il avait été question de choisir entre la mode et la musique face à un enjeux capital ?

Fely : Je pense que les deux vont toujours ensemble, il faut avoir des habits de scène pour marquer la différence entre ta vie quotidienne et celle du stage.

 

100%culture : Sans faut fuyant, vous avez tout de même fait adopter le « zaouli », une danse locale ivoirienne aux américains. Expliquez-nous comment vous arrivez à  transmettre cette expression culturelle traditionnelle ivoirienne aux USA et particulièrement à San-Francisco où vous vivez ?

Fely : Justement, mon objectif c’est de pouvoir faire connaître la culture Ivoirienne aux mélomanes de la Bay Area. Etant donné que la ville d’Abidjan est la seule ville dans un pays Africain une ville sœur  de San Francisco, et en tant que membre de ce comité, il est mon devoir de faire partager la richesse de notre culture. Ici les gens sont plutôt habitués aux musiques du high-life Nigérian, de la musique Mandingue, et le Soukous mais ne connaissent pas encore vraiment les rythmes de la Côte d’Ivoire. J’ai donc décidé de créer un projet musical appelé THE LEGEND OF ZAOULI (La Légende de Zaouli) pour raconter surtout l’histoire de Djila Lou Zaouli, qui est la source de cette danse, la danse du masque Zaouli. J’ai eu l’honneur d’avoir été supportée par mes aînés que je remercie du plus profond de mon cœur, Jesse Sahbi, grand master danseur de Zaouli Aito Gohi, grand master percussioniste du Topalon Dr. Djo Bi, Bli Bi Gore et grand master danseur percussionniste Mailly Tagba, Fansy Mongeuhi tous venant de la Côte d’Ivoire. Ils sont venus du Nevada, de Indiana et New York, pour m’assister et me soutenir. J’étais  vraiment entourée d’amour de mes frères, ça fait vraiment plaisir !

 

100%culture : Quel rapport gardez-vous avec votre pays la Côte d’Ivoire que vous ne visitez pas assez souvent ?

Fely : J’ai gardé des rapports à distance, mais très proche du cœur, je suis fière d’être une Ivoirienne de mère Bété et de Père Kweni communément appelé Gouro. Mon inspiration viens de ma source, la Côte d’Ivoire. C’est vrai que je suis parti du pays depuis 1999 et n’y ai pas encore mis pied, et je pense même que les fans m’ont peut être oubliée, mais grâce à l’internet, je peux voir et lire les message mes fans qui m’ont perdu de vue depuis.

 

100%culture :… mais ce ne sont pas les occasions qui manquent.. !

Je ne connais vraiment pas les réseaux actuels, ça fait longtemps. Il y a eu des festivals mais personne ne m’a encore invitée. Je suis donc prête à venir au pays pour faire la promotion de mes derniers albums, accompagnée d’un Fashion Show.

100%culture : Un commentaire sur la situation politique de votre pays !

Fely : Je ne connais pas tous les acteurs politiques du pays. Mais, ce que je dirais c’est que je suis une artiste et je suis une patrimoine culturelle de la Côte d’Ivoire, donc je considère tous les Politiciens du pays comme des citoyens Ivoirien, et je considère que tous, nous aimons notre pays d’origine ou d’adoption. Un proverbe chinois nous dit, ne chatouille pas un dragon si tu ne peux pas supporter son feu. Que Dieu protège la Côte D’Ivoire contre tout esprit malin.

 

100%culture : A quand votre prochaine visite en Côte d’ivoire ?

Fely : Je voudrais bien participer à des festivals et autres, mais là encore, je ne connais pas les réseaux. Toutefois, je suis prête à venir au pays pour des concerts sur invitation.

 

100%culture : Qu’est ce qui vous manque le plus de votre pays ?

Fely : La paix entre les Ivoiriens, la tradition au village, et surtout la bonne nourriture.

 

100%culture : Vos projets ?

Fely : Je voudrais, d’abord faire grandir ma structure African Arts Academy qui sera une école de spécialité d’art africain basée à San Francisco. Ensuite, faire promouvoir la mode, Modern Ethnic Fashion. Enfin surtout faire la promotion de la culture Ivoirienne.

 

100%culture : Un mot pour vos fans de 100% culture ?

Fely : Je vous aime tous et vous souhaite une bonne lecture, Bisous !

 

 

Firmin KOTO