Ismaël Isaac, 20 ans de constance !

Firmin Koto | | Musique

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Le reggaeman ivoirien Ismaël Isaac vient de boucler sa 20e année de carrière musicale. C’est bien heureusement que cet evenèment n’est pas passé sous sillence. La communauté ivoirienne de France ayant pris sur elle d’offrir à l’enfant de Treichtwon un joli plateau en exagone. C’était l’occasion rêvé pour Ismaël Isaac de jouer sa partition le temps d’un recitale de 20 années de mémoire musicale reggae. C’était le jeudi 10 novembre dernier à Paris à la « Cour des comptes » sis 14 rue Georges Polizer. Pour revenir sur ces 20 ans de parcour musical, il faut l’admette, Ismo assure un parcour assez constant.

Issiaka de son vrai prénom écoute le funk et rêve de smurf comme les kids américains qu’il voit à la télé. En 1981, Bob Marley meurt et les grands frères du quartier se mettent à écouter beaucoup de reggae.

Un soir à l’émission télévisée « première Chance » de Roger Fulgence Kassy, la Côte d’Ivoire découvre une perle : Alpha Blondy. Il chante dans le dialecte d’ Issiaka. Pour lui le rêve commence, pour tracer sa voie, il se choisit un nom d’artiste, Ismaël Isaac. Il fait le siège de la télévision ivoirienne, se faufile sur le plateau de « Première Chance », mais personne ne veut l’écouter.

Un jour, alors que les musiciens sont partis déjeuner. Georges Kouakou voit Ismaël tapi dans un coin. « Moi aussi je veux chanter !« . Georges, clavier et arrangeur de l’orchestre de la Radio Télévision Ivoirienne, est tout de suite conquis. Il amène son protégé voir Roger Fulgence Kassy qui décide sur le champ de le programmer à « Première Chance ». Israël séduit par sa voix envoûtante et calme et des textes riches et évocateurs. Il veut faire carrière dans la musique et décide se consacrer à son rêve. Il travaille le chant avec les frères Keita, Hassan et Ousseine des jumeaux du quartier. Il a trouvé un producteur. Koné Dodo, avec qui il enregistre deux cassettes, « Liberté » et « Tchilaba » en 1986 qui le révèle au public. Puis, »Yatiman » en 1989 avec Aboubacar Sidiki Doumbia. Peu après, Ousseine Keita décède malheureusement. Israël est affecté mais ne veut pas tout arrêter. Il maintient intact son rève celui de faire de la musique, sa profession. La mort de son ami  avec qui il formait le mythique groupe « Ismaël Isaac et les frères Kéita » ne semble pas l’ébranler au point d’abandonner son projet. Bien au contraire, il lui faut continuer malgré tout en hommage au disparu. C’est ainsi qu’en 1990, il enregistre « Rahman » son premier CD  produit par Ibrahima Sylla avec Moctar Wurie et Bocana Maïga. Cette oeuvre connaît un succès et le fait connaitre au public français. En France où Philippe Constantin lui donne l’occasion de signer pour Island Records, « Taxi Jump » sort en 1993, avec Godwin Logie à la console et une pléiade de grands noms. Après le décès de son producteur, Ismaël Isaac quitte Polygram.

Pour « Treich Feeling  » en 1997, Ismaël Isaac signe chez Dominique Misslin et confie la plupart des arrangements à Georges Kouakou que l’on fait venir de New York pour l’occasion, d’autres à Moctar Wurie, tous deux complices de longue date, ainsi qu’à Cheick Tidiane Seck, représentant de la modernité mandingue. La majorité des musiciens est constituée par les « Vieux » d’Abidjan : Camus, Mao, Sam, Ibis, Christian Polloni et Amy Bamba (qui ont joué avec Alpha Blondy), Étienne M’Bappé et les cuivres (musiciens de Salif Keita). Le style se rapproche du dépouillement de « Rahman », mais avec une coloration plus avenante.

Puis en 2000, Ismaël Isaac sort « Black System » chez Syllart  produit par Ibrahima Sylla .

Avec  sa voix candide et emportante, Ismaël issac a toujours énoncé les enseignements que la vie lui apportés de sorte qu’il s’est fait porteparole pour toute une génération qui qui a un temps soit peu prête les oreilles aux conseils du Gangaba et aussi dénoncer les fléaux sociaux  tels les mouvements migratoires clandestins de jeunes africains avec toute fois une foi profonde dans les valeurs d’humanité.

 

Firmin Koto