Fidel Castro : Adieu le latino africain !

Firmin Koto | | Evènements

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Icône incontestable de la lutte anti colonialiste et impérialiste occidentale, Fidel Castro aura marqué son époque par un engagement sans pareil et une conviction profonde. Au-delà du fait que Fidel Castro soit connu et reconnu comme le père de la Révolution cubaine, celui là même qui a défié la super puissance américaine pendant plus d’un demi-siècle est aussi celui là qui s’était juré de débarrasser l’Afrique de toute forme d’impérialisme tout en joignant l’acte à la parole.

C’est naturellement que l’Afrique toute entière rend hommage au Commandante qui a tiré sa réverance ce 25 novembre à l’âge de 90 ans.

Pour Fidel Castro,  le Cuba n’était pas seulement latino américain. Le Cuba était aussi et surtout latino africain. Les liens historiques entre l’Afrique et le Cuba fondent leur destin commun et justifient la lutte commune.

Durant toutes ses années de lutte contre l’impérialisme américano-européen, le commandant a militairement donné un coup de fouet à la lutte contre « le système » en Afrique.

En témoigne, son implication dans plusieurs pays africains en proie à l’impérialisme.  Ainsi, le « Leader maximo »a personnellement apporté son soutien aux luttes de libération sur le continent noir. Et les exemples sont légion. L’adhésion du « Leader maximo » aux luttes  anti colonialistes africaines remontent précisément à l’année 1965. En effet, après l’assassinat du leader indépendantiste congolais Patrice Lumumba, Fidel Castro se signale dans le maquis congolais avec son compagnon de lutte Ernesto Che Guevarra. Le guérillero veut prêter main forte aux rebelles congolais pour chasser le pouvoir «néocolonialiste» installé à Kinshasa. Mais, cette première aventure se solde par un fiasco militaire. Mais, il n’abandonne pas et conduit des actions d’anvergure ailleurs en Afrique.

Contrairement au Congo, les opérations de guérilla que les cubains mèneront en Guinée-Bissau seront d’un succès retentissant au point où l’empire portugais s’écroula comme un chateau de cartes.

En Afrique Australe notamment, les forces cubaines ont été des batailles décisives qui ont abouti à l’indépendance de l’Angola, de la Namibie et de la Guinée-Bissau. Sa contribution à la lutte contre l’apartheid a été d’ailleurs saluée par le leader charismatique et anti-apartheid sud-africain Nelson Mandela dont il fut très proche.

Les faits révèlent même que l’épopée militaire africaine démarre véritablement en Angola en 1975 avec l’opération «Carlotta», du nom d’une esclave noire qui avait trouvé la mort à Cuba en 1843 après avoir dirigé la rébellion d’un groupe d’esclaves.

A cette époque, le pays s’apprête à proclamer son indépendance sous la bannière MPLA, le mouvement marxiste d’Agostino Neto soutenu par l’URSS. Dans le même temps, deux autres organisations proches des Etats-Unis revendiquent le pouvoir : le Front National de Libération de l’Angola (FNLA) de Holden Roberto et l’Union Nationale pour l’Indépendance totale de l’Angola, l’UNITA de  Jonas Savimbi au régime d’apartheid de Prétoria. Pour l’Afrique du Sud, il n’est pas question de laisser s’installer un régime marxiste en Angola qui risquerait de mettre en mal son contrôle sur la Namibie qu’elle a annexée illégalement. la révolution angolaise est à surveiller de très près, car elle pourrait donner des idées à d’autres indépendantistes.

A cet effet, Pretoria envahit le territoire angolais. Ses troupes sont appuyées par les rebelles de Jonas Savimbi et celles de Holden Roberto. Quant à Agostino Neto, il fait appel à Fidel Castro qui n’hésite pas à lui apporter son appui en dépêchant  35.000 hommes sur le front. Cuba parvient à arrêter l’avancée de l’armée sud-africaine qui n’a eu d’autre choix que de se retirer du pays en mars 1976.

Le 11 novembre 1975, le MPLA proclame l’indépendance de l’Angola.

« Jusqu’à la victoire, toujours! » (« hasta la victoria, siempre »),

 

Firmin Koto