Môgô Dynasty à la galerie Fakhouri: Le Nouchi revisité par Aboudia

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Pour la troisième fois, La galerie Cécile Fakhoury présente l’exposition personnelle de l’artiste ivoirien Aboudia dénommée Môgô Dynasty, le portrait d’une société en mouvement, réunit ses derniers travaux réalisés à Abidjan et une installation monumentale de haut vol (6×2.5 m). Au départ le visiteur se demande ce que peuvent bien signifier ces sujets géants faisant une place pauvre à la parcimonie. Mais au fur et à mesure que l’on prend du recul, la perspective et la tempérance du style se dévoile. Un naïf pas si naïf que ca dans le fond. Son œuvre fait voir un héritage à nul autre pareil de l’inoubliable Frédérique Bruly Bouabré avec qui d’ailleurs une exposition a été initiée justement par la galerie Fakhoury.  

Si jeune, mais déjà candidat au panthéon de la peinture Ivoirienne. Sa technique si ordinaire est pourtant le terreau d’une démarche qui agrippe, scotche, ferre l’amateur de ce style. Cette soirée-là, on se disait qu’il fallait vite découvrir cette expo et sauter à une autre qui se déroulait à quelques encablures. Mais c’était sans compter la qualité cachée dans les sous-thèmes du travail de l’artiste. Finalement, à force de décortiquer ce travail, l’on se rend vite compte qu’il n’y avait nulle part où aller. Il fallait être là, « the place to be » quoi !

Tout a l’air si facile en visitant les toiles qui s’offraient à nous. Mais Môgô Dysnaty nous offre la rue avec ses subtilités, ses inconnues, ses invariables chipées a leurs auteurs, les « Vogos », les couchis, les Ziguehi. Une marque déposée ivoirienne. Bien de chez nous et qui a fait un trait de caractère de plusieurs jeunes en détresse à une certaine époque de ce pays. Que dire de l’artiste ? Né en 1983 à Abidjan, Côte d’ivoire Il vit et travaille à Abidjan et mais aussi à New-York

Aboudia est diplômé du Centre Technique des Arts Appliqués de Bingerville en Côte d’Ivoire.

Son travail est largement diffusé dans la presse internationale en 2011 pour son regard sur la bataille d’Abidjan. Artiste « pluridimensionnel », il se déplace sans cesse au fil des mondes et des cultures. Son travail puise sa force de ses découvertes, révélant la puissance commune à toutes les grandes cités portées par la jeunesse et leurs volumes d’activités.

Il est des fois, où la création humaine révèle les talents, amis pour le volume de travail présentée à la galerie Fakhouri, on peut dire tout simplement qu’Aboudia force l’admiration, mais aussi le respect et considération. L’exposition est ouverte depuis le 23 septembre dernier et court jusqu’au 19 novembre. Si vous disposez d’un bout de temps courez-y !!!

 

Olivier Yro