« Medan vi lever », Vers une prise de conscience sur les problèmes de l’identité culturelle, structurelle et spirituelle

Firmin Koto | | Cinéma
© Firmin KOTO

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Le cinéaste Dani Kouyaté vient de mettre le pied dans le grand plat avec son premier long métrage suédois « Medan vi lever », «Tant qu’on vit » au moment même où ce sujet est de plus en plus d’actualité en Suède occasionnant ainsi la plupart du temps de gros dégâts dans les familles mixtes et recomposées. Faute de ce que ce problème n’a vraiment jamais été exploré en profondeur la logique de l’aisance voulant que la patrie la plus aisée l’emporte.

Au regard de l’importance du sujet, traité au plus haut niveau avec ce long métrage d’une heure trente et une minutes en suédois et anglais tournée en Suède et en Gambie. Réalisé par un cinéaste d’Afrique francophone, il n’était donc pas étonnant que ce mercredi 7 octobre 2016 à18h30, la grande salle de plus de 500 places du cinéma Scandic au centre ville de Stockholm affiche complet.

Tout commence avec le duo Kora avec Maher Cissoko qui donne le ton de cette soirée spéciale sous le signe d’un plaidoyer pour une meilleure compréhension des problèmes liés à l’identité culturelle. Puis, pendant 1h31 mn le grand écran dévoile en grande première « Alors que nous vivons ». La recherche de l’identité est d’entrée de jeu au centre de cette grosse et importante production cinématographique d’un genre inhabituel qui met sans complexe en évidence des thèmes qui semblent d’une grande complexité.

Adam Kanyama, le suédois jeune talent hip-hop joue Ibbe, un adolescent orphelin de père, socialement et culturellement perturbé qui a tout de même son rêve, celui de devenir une star. Dans la quête de son existence, il est soutenu par ses grands parents qui incarnent la société suédoise. Une société qui, bien qu’ouverte, entretient des préjugés de l’étranger. Pendant ce temps, sa mère Kandia, personnage principal du film, une femme gambienne de 40 ans qui à 20 ans a quitté son pays natal pour l’amour. À la croisée des chemins, Kandia vit désormais seule avec son fils adolescent : Ibbe qui est sur le point de réaliser son rêve sans compter la déroute de sa mère face à ses beaux-parents.

Elle se demande finalement si la Suède est vraiment sa patrie. Elle sent le besoin d’un retour aux sources pour une meilleure connaissance de son identité. Kandia qui est pourtant bien intégrée avec un travail intéressant d’infirmière abandonne tout. Elle décide finalement de rentrer en Gambie après plusieurs années passées en Suède. Visiblement, ce retour affecte Ibbe qui rejoint sa mère en Gambie.

A partir de ce moment, le plaidoyer du réalisateur Dani Kouyaté peut commencer lorsque toutes les pièces du puzzle sont en place. À priori, un manque d’affection qui provoque le sentiment d’être un peu perdu ou de ne pas savoir qui on est, engendre des frustrations profondes et généralement des questionnements sur son identité.

Un scénario réaliste qui touche du doigt des questions sensibles de la société suédoise et magistralement mis en scène par l’artiste Dani Kouyaté. Un bon moyen de sensibilisation offert au public suédois en général et amateurs du 7ème art en particulier toutes composantes confondues.

Il semble que le réalisateur ait abordé des voies exclusives pour donner d’autres perspectives de réflexion et de compréhension de ce phénomène socio-culturel.

Ce qui n’aurait pu être possible sans des acteurs talentueux et une grande maison de production comme DFM qui a toujours milité pour des films politiques du genre, susceptibles de créer le débat.

Chapeau à Dani Kouyaté et aux producteurs Maria Larsson Guerpillon et Julien Siri sans oublier tous les organismes de financement qui on cru en ce film qui est surement en bonne route pour le FESPACO 2016 à Ouagadougou.

 

Firmin Koto