Centenaire de Bernard Dadié: Les académiciens scrutent l’homme durant deux jours

Binso Binso | | Evènements

centenaire-de-bernard-dadie

Deux jours (22 et 23 septembre 2016), c’est le temps qu’il a fallu aux membres de l’Académie des Sciences des Arts, des cultures d’Afrique et des Diasporas africaines  (Ascad) pour analyser et disséquer l’œuvre du célébrissime écrivain Ivoirien Bernard Dadié. Un temps qui à l’unanimité reste court surtout lorsqu’il s’agit d’une icône comme le père de la littérature ivoirienne. 

Cependant force est de reconnaitre que ces 48h n’ont pas empêché les intellectuels réunis au sein de la société savante de nous présenter les multiples facettes de Dadié. Le père, l’époux, l’écrivain, le combattant, et enfin l’intellectuel. Le professeur  Sery Bailly président du comité scientifique n’a eu de cesse de rappeler que l’objectif visé à travers cette commémoration du centenaire de Dadié était  d’identifier la conception de la préservation, et la sauvegarde de l’image de Dadié par les intellectuels et les politiques toutes tendances confondues. Surtout de révéler le fil conducteur permettant d’explorer au mieux l’apport de cet homme multidimensionnel au développement socioculturel de la Côte d’Ivoire, et au-delà du monde.

La plate-forme de réflexion dont le thème était  « Bernard Dadié : Hier, Aujourd’hui, Demain » a en effet permis  d’établir la nature de la richesse de l’héritage de l’homme.  « Notre satisfaction est d’avoir pu  partager avec le public qui nombreux a effectué le déplacement  les différentes dimensions du combat de Bernard Dadié, ses œuvres, leur caractères multidisciplinaires et leurs implications sociales. Et enfin identifier la contribution de ce sachant dans le développement de la pensée scientifique, culturelle et politique », indique le professeur Sery Bailly.  Puis de préciser  que les différentes communications faites ont bel et bien offert  l’opportunité  de faire ou de refaire connaissance avec l’illustre homme.

Il ressort de ces journées de réflexion que Bernard Dadié est un  intellectuel sans pareil, qui dès ses premiers vagissements a placé la littérature ivoirienne à une échelle aussi haute. Contraignant les autres écrivains à écrire et à penser grand. Une grande référence dans le processus du savoir et des connaissances. Porte voix des sans voix, instruit  le professeur Aidara (président de l’Ascad), Dadié à offert des lettres de stimulations qui nourrissent le corps et l’âme Nicole Vincileonie spécialiste de Bernard Dadié affirme à son tour qu’honorer Bernard Dadié, c’est honorer une haute  figure des belles lettres de la vie politique africaine.  

Cet hommage  reçu de son vivant, Dadié le perçoit comme un appel la conscientisation des jeunes africains sur leur devoir pour l’acquisition des libertés. «  Le statut d’écrivain n’était guère reconnu en Afrique quand j’ai commencé à écrire il y a plus de 80 ans. Une époque où le colonisateur voulait à tout prix nous conformer à sa civilisation nous dérobant ainsi notre histoire, par la violation de notre culture, la négation de notre condition d’homme.  L’histoire qu’on nous volait malgré les obstacles dressés sur notre route, nous nous en ressaisissons sans cesse. Derrière des hommes et des femmes d’exception au destin tragique cette histoire a été tissée de doute, de chute, de relèvement et de pardon. Car même après l’horreur de la traite et l’abjection de la colonisation, nous avons su bannir l’esprit de vengeance et avons refusé d’être des hommes  de ressentiments pour laisser place aux solidarités nécessaires, afin de faire entendre toujours le langage de la fraternité. Dans le dérèglement général de la planète, de notre continent une question existentielle subsiste encore en ce jour. En sommes nous encore capable ? Surtout en cette période où  l’appauvrissement de notre environnement nous appel à une conscience plus ardue  de notre condition d’homme et des valeurs portées par notre culture. Notre histoire nous apprend que le lègue du passé et les apports de la modernité doivent être sans cesse analysés », instruit l’icone.

Il  note par ailleurs que, c’est après avoir découvert dans la lecture et l’écriture la possibilité d’ouvrir un espace à ces  rêves, le moyen de canaliser sa révolte et une forme de consolation, que l’envie lui est venue d’utiliser la plume comme canal de diffusion de sa pensée.  Pour cet éminent intellectuel la littérature et l’art en général n’auraient pas été si elles n’étaient pas toutes sous tendues par le désir de connaissance et   donc par essence révolutionnaire et redoutable pour toutes les formes de falsifications. «  Écrire pour moi signifie désire d’abattre les forages, désire de capter les ténèbres, de montrer la lumière d’imposer sa pensée. De s’ouvrir  et d’ouvrir à chacun des fenêtres du savoir », éclaire  Bernard Dadié. Tout en conseillant aux jeunes générations de s’ériger en homme et femme de l’Être et non de l’avoir

 

Binso Binso