Après son baptême de feu à l’Olympia/ Jean-Paul Mehansio : « Mon premier Olympia est une confirmation »

Olivier Yro | | Danses

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Pour la première fois dans sa carrière, la chorégraphie ivoirienne a été cooptée pour une prestation lors d’un spectacle de l’artiste interprète camerounaise, Charlotte DIPANDA. Une rencontre qui donne un autre tournant inoubliable dans la vie de cet artiste aux talents fou. Il nous dit dans quel contexte cette rencontre s’est opérée et l’impact sur sa vie professionnelle.

 

Dites-nous comment tout est parti …

J’ai été contacté par le chorégraphe camerounais Merlin NYAKAM qui m’a toujours suivi dans mon parcours artistique depuis la côte d’ivoire jusqu’à mon installation à Paris. Il a souhaité que je rencontre Charlotte DIPANDA aux répétitions parce qu’elle avait validé le fait que le groupe de danse qui allait l’accompagner pour son premier Olympia soit non seulement que des hommes mais des professionnels. Le premier contact c’est super bien passé car elle venait aux répétitions, s’échauffait avec nous et restait pour la création chorégraphique. La collaboration s’est bien passée et elle aimait bien ma façon sinon notre manière de travailler.

 

Vos impressions après cette prestation initiatique dans ce mythique temple du spectacle ?

C’était trop émotionnel pour moi, Paris c’est quand même Paris et danser à l’Olympia dans cette salle mythique était pour moi en quelque sorte une apogée. Danser dans cette salle  était pour moi aussi une confirmation de mon niveau artistique et accompagner charlotte qui est aujourd’hui si je peux dire la nouvelle diva de la musique africaine, c’est énorme. Cela me rend confiant et m’encourage à bosser davantage.

 

Quelle est votre actualité après ce baptême de feu ?

En ce moment je viens de faire la présentation de mon premier solo au cœur de Paris précisément au Point Ephémère. Il est titré « Gnéan / Miroir en langue Wè (ndlr originaire de Côte d’Ivoire) est un solo introspectif, il questionne la construction de mon identité à travers le regard de l’autre. Vivant entre la Côte d’Ivoire, la France et l’Egypte, découvrant par mon parcours des pays tels que la Norvège, le Pôle Nord, le Sénégal, l’Autriche, l’Italie, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique, le Maroc, la Tunisie, le Liban, la Hongrie, la Hollande, la Grèce, la Pologne, le Bénin, la Mauritanie, le Mali, le Ghana et la Colombie  – la sensation d’appartenir ou d’être différent, d’être accepté ou  rejeté, de me sentir soi-même ou me sentir autre,  sont des sensations contrastées qui m’animent de l’intérieur. « Gnéan / Miroir » c’est un homme seul, vêtu d’une grande cape, et qui, par un jeu de voilement et de dévoilement de son corps et de son visage engage un dialogue entre son  public et lui.  Il montre deux facettes de lui, celle introvertie et celle extravertie.  Il se cache et se montre, se déploie et se replie,  à travers des mouvements linéaires, des trajectoires circulaires. Mais aussi avec des gestes compacts, sur soi. Je travaille sur la diffusion de ce projet. Par ailleurs, je suis sur un projet de création avec Julien Breton en mettant en scène la danse, le texte et la calligraphie lumineuse, je n’en dirai pas plus, L’avenir nous dira. Aussi un projet de collaboration avec une artiste libanaise Nadine ZAKI.

 

Volet formation…

Je vais suivre une formation au Centre National de la Danse pour l’obtention de Diplôme d’Etat afin de pouvoir enseigner la danse contemporaine dans les conservatoires de danse en France et partout en Europe. Bientôt je vais enseigner l’Afopeps qui  est un style de danse qui allie à la fois la danse et le sport en se basant sur des pas de danse issues des danses traditionnelles et urbaines de l’Afrique de l’Ouest.

 

 

 Olivier Yro