Choregraphie: Salia Sanou danse les « gens à peine gens »

Binso Binso | | Théâtre

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Les « gens à peine gens » ! comme un conte de fée à travers une chorégraphie hautement spirituelle mais peut être incomprise. Salia Sanou le chorégraphe burkinabé signe ainsi son retour avec Du désir d’horizon. Et le Théâtre National de Chaillot qui a présenté en première mondiale cette chorégraphie, du 29 juin au 1er juillet, doit encore l’avoir en mémoire.

Dans le cadre d’un partenariat avec la fondation African Artists for Development (AAD) et le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), cette création  est le fruit d’un d’ateliers menés dans des camps de réfugiés. L’objectif de cette création est justement une interrogation  sur « notre capacité à accueillir l’Autre« .

De l’avis des puristes le spectacle minimaliste là où la danse non figurative assume l’impuissance d’un langage chorégraphique qui se nourrit ailleurs. En effet ! le message il est pourtant là qui interpelle un monde frappé d’immobilité, de stupeur, d’irréalité, plongé dans le noir et le silence, incapable de bouger parler voir, de purs esprits s’efforçant de découvrir les premiers mots et surtout une raison de les prononcer. Pas de monde pas d’époque pas de pays… »

C’est le pari de la danse pour un message fort. Ce soir là avec Sanou on est planté sur la scène, le drapeau des Nations Unies rappelle que c’est au Palais de Chaillot que fut signée la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Plantée à côté du drapeau, la directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova s’exprime sur l’art comme levier de résilience.

Ce soir-là, le cabinet de conseil en communication Tilder fête ses 25 ans – sur le tube de Stevie Wonder. En 2009, Tilder crée l’AAD, un fonds de dotation pour l’art et le développement durable en Afrique subsaharienne, et conduit depuis 2011 le programme « Refugees on the Move » pour soutenir la création et la production chorégraphique, en partenariat avec le Manège de Chaillot et le HCR. « Refugees on the Move » promeut la danse comme un « risque« , le « pari de l’universalité« , un art doté du pouvoir de retisser le lien social, de réparer les âmes. Ce soir-là, l’horizon sémantique est un brin obsessionnel, nourri d’une « passion pour l’Afrique« , ses droits fondamentaux et surtout son avenir.

Depuis 2014, Salia Sanou et les danseurs du Centre de Développement Chorégraphique La Termitière (qu’il codirige avec Seydou Boro) conduisent des ateliers de danse au sein du camp de réfugiés maliens de Sag-Nioniogo au Burkina Faso. Une expérience qui lui inspire Du désir d’horizon, création pour huit interprètes et deux jeunes réfugiés.

Binso Binso