Dynamique culturel au Ghana : La télévision, un booster

Badjo DAGBO | | Média

La culture ghanéenne  a atteint une  vitesse de croisière ces dix dernières années. Un fait majeur peut véritablement expliquer cela. Il s’agit de la libéralisationeffective du secteur des médias en général et de l’espace audiovisuel en particulier. En effet, le boom culturel  qui s’observe  partout dans tout le pays, est soutenu à la base principalement parla télévision. Des télévisions publiques  d’informations générales  aux télévisions privées  spécialisées en art et culture, il est difficile de dire que l’art et la culture n’intéressent pas les professionnels des médiasau Ghana.

Sur une population de près de 25millions d’habitants avec une superficie de 238533 Km2, le Ghana regorge plus d’une quinzaine de chaines de télévisions. Insignifiant à côté de ce qu’on peut observer ailleurs dans les pays développés mais énorme pour un pays sous développé de surcroit africain. Avantages ou inconvénients ? En tout cas, la culture ne s’est jamais mieux porter au Ghana.

Et pour cause, la culture est une source intarissable d’emplois de toutes sortes. Et cette règle est en vigueur dans un pays africain comme le Ghana où la culture est devenue l’un des  premiers secteurscréateursd’emplois pour les jeunes diplômés.

On a pour preuve,  la programmation toute l’année de diverses émissions, des jeux et généralement des activités culturelles en langue officielle et en langues locales ou nationales. Quoi de plus normal pour élargir l’audience dans un pays à fort taux d’analphabétisme.

La prolifération des télévisons favorise toutes sortes de concurrences et compétitivités. Concurrence et compétitivité  entre les entreprises locales ou autres, entre les travailleurs du secteur. Ces sociétés se bousculent pour sponsoriser  les programmes et émissions culturels ou valoriser les produits locaux ghanéens ou les présentateurs sont des modèles ambulants pour les couturiers et autres professionnels de la mode. Bref, l’art et la culture s’expriment amplement et puissamment sur les télévisions ghanéennes. C’est un canal privilégié  et adéquat pour faire découvrir ces produits du terroir en  vantant leurs qualités. Cette bataille témoigne du dynamisme de la culture  dont les meilleurs aspects doivent être mis en exergue pour attirer un public plus grand.

Ajouté à cela, les cérémonies et évènements de distinction des programmes et des personnalités de  la télévision, du cinéma, de la musique, de la mode, des professionnels des medias et de tous ceux qui travaillent directement ou indirectement dans la culture qui drainent beaucoup de monde.De l’artiste de l’année, au meilleur acteur  de l’année en passant par la personnalité  la plus influente de l’année, le plus fort de l’année, le producteur de l’année, le présentateur télé de l’année, les occasions de charme auprès des téléspectateurs ne manquent pas. Aucun détail n’est épargné. Une stratégie commerciale généralisée qui verse, malheureusement quelque peu dans la monotonie.

Quand certains programmes sont des télé-réalités qui se déroulent sur plusieurs mois, d’autres sont des émissions quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles classiques.

Dans tous les cas, la culture ghanéenne est reine. Les valeurs culturelles du pays sont presque toujours mises en avant avec la particularité de promouvoir les spécificités régionales dans un objectif d’unité nationale.

Le couronnement de tout cela se réalise au cours des différentes cérémonies de récompense des catégories nominées. Ainsi, en matière de cinéma, on a les Awards locaux de tallywood  à Tamalé  pour  la Northern région et de kumawood à Kumasi dans la region Ashanti coiffés par la récompense nationale de Ghalliwood avec les Ghana Movies Awards. Pour la musique, les Ghana Music Awards constituent la plus haute rencontre de distinction des professionnels de la musique.

Les promoteurs de la culture ne manquent pas d’imagination avec  des lignes de programmes riches qui prennent en compte tous les aspects  de la culture ghanéenne, des moins connus du patrimoine culturel ghanéen au plus médiatisés.

Avec tout cela, le constat est que la promotion de la culture ghanéenne est à son paroxysme et son dynamisme s’observe tous les jours. Le rôle joué par les télévisions dans la promotion de l’Art  et de la culture est immense et perceptible à tous les niveaux.

On remarquera aussi que l’industrie cinématographique ghanéenne Ghalliwood collabore étroitement avec son homologue nigériane Nollywood. Une collaboration qui s’étend au milieu de la musique, de l’art visuel et de plusieurs autres secteurs culturels. Cette collaboration passe par la mise à la disposition des supportstélévisuels. Les résultats sont visibles.

Par exemple, l’organisation conjointe de grands évènements de distinction et de récompense des stars de la musique et  du cinéma qui n’ont rien à envier aux  cérémonies américaines des Grammy Awards,  Golden Globe etc…

Un  décor enchanteur, des couleurs, la lumière, le glamour,  l’élégance, la mode, la beauté, la musique et surtout le Red carpet live ou le fameux tapis rouge réservé aux célébrités de la télévision et du cinéma dans un luxe qui fait rêver. On se croirait à Hollywood. Tout l’art est présent et valorisé.

Ainsi, l’occasion a été permise de voir le 18 juin dernier, the Ghana Music Awards. La beauté du spectacle, la cérémonie de récompense, elle-même, donnaient à rêver. De l’expression de l’art tout simplement.  Or donc, on peut rêver en Afrique.

 La culture ghanéenne dans sa diversité et dans  sa variété se donne rendez-vous sur les différentes chaines de télévisions avec des talents de toutes sortes à la faveur de ces cérémonies et émissions télé.  Chaque circonstance est bonne pour se livrer  une rude concurrence non seulement entre les chaines de télévisionsmais aussi et surtout entre les différentes entreprises de la place.Ces dernières se retrouvent à sponsoriser différents genres d’émissions culturelles  sur différentestélévisions pendant les mêmes plages horaires.

Les amoureux de la culture ne manquent pas d’initiatives en la matière. Les évènements culturels se succèdent et tout est bon pour attirer l’audience des téléspectateurs.

L’Art et la culture retiennent  l’attention du public.  Les jeux culturels  de tous ordres abondent dans les programmes. Il faut faire preuve d’imagination pour trouver le meilleur profil  afin de s’attirer l’audience du public.

La télévision propulse la culture au Ghana avec une rude concurrence à tous les niveaux dans laquelle the winner reste la Culture ghanéenne.

 Badjo Dagbo