Alphonse DEMEHO (Acteur comédien) : « La bonne marche du théâtre est liée au contexte sociopolitique d’un pays… « 

Zacharie Acafou | | Théâtre

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Comédien, acteur, metteur en scène, Alphonse Demeho s’attèle à s’imposer dans le milieu de l’art et de la culture malgré maintes difficultés et obstacles que peuvent comporter ce milieu. Après avoir gravi les planches de plusieurs salles de spectacle à Paris avec son one-man-show « La traversée », son agenda se veut déjà garni pour la saison 2008-2009. Entretien avec ce « prestigit-acteur » de la culture africaine.

Parle-nous un peu du théâtre et comment est née ta passion pour cet art ?
C’est une longue histoire d’amour et le divorce ce n’est pas pour maintenant.
En effet depuis l’âge de douze/seize ans, je baignais déjà dans cet environnement, accompagnant les « grands frères » à leurs répétitions. C’était mon conservatoire de théâtre à moi. Ils ont fini par me trouver un rôle de fils. Après chaque représentation, le public applaudissait. J’en ai un meilleur souvenir. Voilà  comment je suis resté au théâtre. Après le lycée, quand des amis cherchaient le chemin de la Fac, moi je me lançais sur la voie du théâtre. J’ai donc fait ma formation académique à l’école de théâtre de l’Institut national des Arts d’ABIDJAN.

Ton dernier spectacle « La traversée » qui raconte l’histoire d’un immigré clandestin en plein désert cherchant la voie de l’eldorado. On aurait presque cru à une histoire personnelle tant tu incarnes à souhait le personnage.
Qui sait ? Nous sommes tous des immigrés. Les voies de l’immigration sont insondables. Non, pour être sérieux. Par contre, c’est une histoire inspirée de faits réels vus à la télé à travers des documentaires, des reportages, des journaux télévisés, etc.

Ton regard sur le théâtre en France.
Bon écoutez ! Le théâtre a sa place en France et je pense simplement que cette place là, il faut l’occuper avec une très bonne organisation sinon elle va nous échapper comme le commerce, la restauration, etc pour se retrouver aux mains des Chinois.

Et sur le théâtre en Afrique précisément en Côte d’Ivoire ?
La bonne marche du théâtre est liée au contexte sociopolitique d’un pays, d’un continent. Cela dit, nous ne devons pas blâmer notre chère Afrique dans le domaine, car elle fait déjà de grands efforts. A en juger par les nombres de festivals dans les pays politiquement stables. Le FITHEB (le festival international de théâtre au Bénin), le FITD (le festival international de théâtre pour le développement au Burkina Faso) le FITMO, les RECRE THEATRALES tous ça au Burkina sans oublier le Mali, le Cameroun, le Togo. Tout ça, ce sont des pays où le théâtre vit. Et il y a des pays comme la Côte d’Ivoire ou le théâtre est jeté aux oubliettes pour désormais laisser place à l’humour ; ce qui fait que les acteurs de théâtre ont tendances à se reconvertir dans l’humour. Il y a aussi les espaces de diffusion à créer pour que les petites compagnies puissent exister et tenter de vivre, le soutien de l’état à la création artistique…. Beaucoup de questions restent à résoudre sinon chacun de nous va écouter les cris de son ventre.

Des prochains projets en vue?
Un homme de théâtre sans projet doit changer de métier. Des projets oui, avec des amis, nous sommes en train de mettre sur pied un festival, le FAD (festival des arts de la diversité). Et juste après, je pars pour AVIGNON pour son festival. À mon retour, avec ma compagnie, on se mettra à préparer la saison 2008/2009. En ce moment je suis au laboratoire pour la mise au point d’un nouveau MONOLOGUE…